
Le 17 juin 1928, naissance de Mohamed Issiakhem( qu’on surnommera plus tard M’hamed) à Taboudoucht des Aït Djennad ( Azeffoun) en Kabylie. A partir de 1931, son père gérant de hammam à Relizane , le ramène dans cette ville, vit ainsi sa première enfance séparé de sa mère.En 1934, début de scolarité à l’école indigène de Relizane.
Œil de Lynx, comme le surnomme son ami Kateb Yacine, pour sa clairvoyance, il disait de lui : « C’était un narrateur inépuisable. Il me racontait son enfance, sa vie de tous les jours jusqu’à notre rencontre. Il se livrait entièrement, ce qui ne l’empêchait pas d’affabuler et de brouiller les pistes, lorsqu’il se laissait prendre au charme du récit. Il devenait alors un grand écrivain, sauf qu’il parlait au lieu d’écrire. »
En 1942, débarquement des troupes alliées anglo-américaines.
En 1943, à l’age de quinze ans, Issiakhem manipule une grenade, ramassée dans un camp militaire américain, dans l’explosion deux de ses sœurs et un neveu meurent, il sera lui-même amputé d’un avant-bras. La souffrance algérienne durant les années de guerre comme celle qu’endure le Tiers Monde dans la revendication de sa liberté ne cesseront de réactiver le climat angoissé de sa peinture qui exorcise tout à la fois les douleurs d’un drame personnel et les violences de l’histoire collective. Dans une solidarité rageuse avec les femmes et les hommes sous toutes les latitudes murées dans le silence de la misère ou de l’oppression, le geste d’Issiakhem fait surgir de pâtes épaisses tous les visages du malheur. Les célébrations de l’univers maternel, d’une sérénité dont le peintre s’est trouvé privé, constitueront autant de conjurations du tragique de la condition humaine.
Issiakhem est placé, avec Aksouh, Ben Anteur, Guermaz, Baya, Khadda ou Mesli, parmi les artistes de la « génération de 1930 » (tous ces peintres étant nés autour de cette année) qui, après les précurseurs des années 1920, ont été les fondateurs de l’art algérien moderne.
Elève de Omar Racim, Issiakhem fréquenta l’Ecole nationale des Beaux-arts d’Alger de 1947 à 1951, puis celle de Paris de 1953 à 1958. Enseignant à l’ENBA d’Alger et y exerçant plusieurs responsabilités, il « collabora » à Alger républicain. Facette méconnue du comparse du père de Nedjma, Issiakhem a même exercé en tant qu’ergothérapeute pour enfants handicapés mentaux dans une clinique française.
En 1963, fonda l’Union nationale des artistes peintres (UNAP).
En 1967, il réalisa les illustrations de Nedjma de Kateb Yacine et participa, la même année, à la réalisation d’un film pour la télévision Poussière de juillet. Après d’innombrables « sévices picturaux ».
De 1965 à 1982 il crée les maquettes des billets de banque et de nombreux timbres-poste algériens. Il dirige en 1977 la réalisation d’une fresque pour l’Aéroport d’Alger. En 1978 Issiakhem séjourne quelques mois à Moscou et reçoit en 1980 le Premier Simba d’Or (Lion d’Or) de Rome distinction de l’UNESCO pour l’art africain.
Sous la plume du poète, Issiakhem est synonyme de volcan, destruction, fleurs, générosité, mort, réaction, explosion, etc. L’explosion d’une bombe entre les mains du peintre fera éclore dans la douleur un génie à l’art traumatique. Depuis 1989, une association de son village natal Taboudoucht porte son nom et sa mémoire. Architecte de l’exposition, l’artiste peintre Mohamed Boughanem révèle qu’Azzefoun a offert au monde 98 artistes, mais déplore « le manque de documentations concernant les œuvres et la vie de ces étoiles ».
Pour l’occasion, cet artiste a tapissé les murs du centre culturel portant le nom du fils d’Oulkhou des dizaines de portraits de ses illustres aînés. Commentant ces illustrations, Boughanem parle, de Mohamed Iguerbouchène, d’El Hadj M’hamed El Anka, d’El Hadj M’rizek, d’El Ankis, de Omar Mkraza, de Omar Boudjmia, de Fadhéla Dziria, de Abdelkader Charchem, de H’nifa, de Mohamed Fellag , de Tahar Djaout et tant d’autres artistes nés ou originaires d’Azzefoun. Le peintre ne cesse de s’interroger : « Pourquoi La Casbah a été longtemps l’île d’échouage pour les naufragés d’Azzefoun ? ».
Issiakhem décéda le 1er décembre 1985 à Alger. Rabi Yarahmou.
Expositions :
1949 Exposition, Galerie Carrot (Alger).
1951 Exposition, Galerie André Maurice (Paris).
1955 "Festival Mondial de la Jeunesse et des Etudiants" (Varsovie).
1955 "Salon des Peintres Nord-Africains" (Paris).
1959 Exposition, Galerie Donilstraz (Leipzig).
1960 - (fév.) Exposition collective, Club des Quatre vents (Paris).
1963 - (1/11) Exposition "Peintres Algériens", Salle Ibn-Khaldoun (Alger).
1964 - (15-30/4) Exposition "Peintres Algériens", Musée des Arts Décoratifs (Paris).
1964 - (Juin) "ler Salon UNAP", Galerie UNAP (Alger).
1965 - (nov.) Exposition "Jeune Peinture Algérienne", Salle Ibn-Khaldoun (Alger).
1967 Exposition collective (Alger).
1967 - (21-26/11) Exposition collective, Galerie Municipale des Arts (Tunis).
1967 - (17/4) "Création du Groupe de la Jeune Peinture Algérienne", Galerie Feraoun (Alger).
1969 - (19-30/4) "1ère Rétrospective", Studios de l’ONCIC (Alger). 1969 Exposition collective (Sofia).
1969 - (juillet.) "Festival Panafricain" (Alger).
1969 - (nov.) Exposition collective, MNBA (Alger).
1974 - (nov.) Exposition collective, MNBA (Alger).
1974 - (1-15/5) Exposition, Maison du Peuple (Alger).
1974 - (nov.) Exposition "L’Art et la Révolution (Alger).
1974 - (1/11) "2ème Salon de l’UNAP", Galerie UNAP (Alger).
1976 - (30/4-15/5) Exposition collective, Salle El Mouggar (Alger).
1979 - (27/10-5/11) Exposition collective, Maison du Peuple (Alger).
1982 - (28/4-7/5) Exposition, Hôtel Aurassi (Alger).
1983 "Exposition Internationale" (Sofia).
1983 - (janv.) Exposition "Dix ans de Peinture Algérienne", MNBA (Alger).
1983 - (mars) Exposition collective, Galerie Yak (Tunis).
1983 - (15-30/9) Exposition collective, Foire Internationale (Alger).
1983 - (10-22/1 1) Exposition "Novembre", CCWA (Alger).
1984 - (Fév) "Exposition d’Art Moderne", CCWA (Alger).
1984 - (28/3-l 1/4) Exposition collective, Cent Culturel Italien (Alger).
1984 - (4/9-30/1l) "L’Art et la Révolution Algérienne MNBA (Alger).
1984 - (20/9) "2ème Salon de la Peinture Méditerranéenne", Galerie El Kettani (Alger).
1984 - (29/10-29/11) Exposition, Galerie Xen (Alger).
1985 - (1-10/7) Exposition, Musée Sidi Bou Saïd (Tunisie).
1986 - (30/6-6/7) "Exposition Hommage" (Bédjaïa).
1986 - (1-28/2) "Peinture Algérienne Contemporaine Palais de la Culture (Alger).
1986 - (25/2-13/3) Exposition "Algérie, Peinture des années 80", CNAP (Paris).
1986 - (3/5-4/6) "Rétrospective commémorative MNBA (Alger).
1986 - (4/5-3/6) "Exposition Issiakhem", Galerie Issiakhem (Alger).
1986 - (11-26/6) "Exposition Hommage", Musée Zabana (Oran).
1986 - (20/9-10/10) "Exposition Hommage", CCWA (AIger).
1987 - (5/7-5/8) Exposition Collective, Galerie Issiakhem (Alger).
1987 -(24/12-4/1/88) Exposition "Expressions multiples", MAAO (Paris).
1988 - (1-15/6) "Exposition Hommage à Issiakhem’ Galerie El Mouggar (Alger).
1989 - (8-20/4) "Hommage à Issiakhem", Galerie El Mouggar (Alger).
1989 - (17/6) "Hommage à Issiakhem" (Azzefoun).
1989 - (oct.) "Journées Culturelles Algériennes (Moscou).
1989 - (nov.) "Peinture algérienne Contemporaine" MNBA (Alger).
1990 - (10-21/1) "Exposition Hommage à Kateb Yacine et M’Hamed lssiakhem", Galerie du Lucernaire (Paris).
1990 - (déc.) "Hommage à M’Hamed Issiakhem", Maison de la Culture (Tizi-Ouzou).
1991 - (nov.) "Hommage à Issiakhem", Maison de la Culture (Constantine).
1994 - (3-27/2) Exposition "Les traces de l’épreuve", CCA (Paris).
1994 - (18/5) Exposition "Les Peintres saluent Kateb Yacine", CCA (Paris).
1994 - (28/10-28/11) "Panorama de la Peinture Algérienne", Palais de la Culture, Galeries Racim-lsma-Fanon (Alger).
1995 - (Avril) "La poésie dans un jardin", Centre Européen de poésie (Avignon).
1996 - (23-30/4) Exposition "Dix ans de Peinture algérienne", Galerie Isma (Alger).








Te lire, parlant d’Iskhiam,celui qui a tout donné pour l’Algérie,m’a ému,trés ému et m’a fait rappeler son grand courage au moment ou la maladie le rongeait.
Un ami, l’ayant rencontré au moment ou il passait ces derniers jours dans ce monde bassement matériel,me raconta l’humour qui était le sien malgré la douleur physique de la maladie.Sacré Iskhiam
Alors ,en parcourant le bel hommage que tu as fait à l’artiste,à celui qui s’est tant battu pour une Algérie démocratique et au service non seulement de son pays mais à celui de toute l’humanité,j’ai vibré,vibré me rappelant tous ceux qui nous ont quittés sans voir leur reve se réaliser.
Merci Iskhiam, merci Racim, merci Kateb,merci Benzine,merci Hadj-Ali …. pour tout ce que vous avez donné à travers vos toiles et vos écrits qui s’inscrivent dans votre combat pour un avenir radieux pour tous les enfants du monde.
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